Faire face aux reculs du trait de côte : une journée de débats pour trouver des solutions

Mardi, 6 décembre, 2016

 

120 élus et techniciens étaient réunis vendredi 25 novembre 2016 pour débattre des solutions pour faire face aux reculs du trait de côte. Cette 5ème journée de gestion de la bande côtière organisée par le GIP Littoral Aquitain, était accueillie par le Conseil Régional Nouvelle-Aquitaine dans son hôtel de région à Bordeaux. Retour sur cette journée riche en échanges.

 L’Observatoire de la Côte Aquitaine a présenté les premiers résultats de l’actualisation de l’aléa recul du trait de côte à l’échelle de l’ex-région Aquitaine. Réalisée à la demande des partenaires de l’Observatoire de la Côte Aquitaine dont le GIP Littoral Aquitain, ce travail intègre les dernières connaissances scientifiques : prise en compte des effets d’un événement majeur brutal comme celui observé lors des tempêtes en 2014, du changement climatique, évaluation des incertitudes.

Les premiers résultats présentés ne sont pas rassurants : on observe une augmentation des taux moyens d’érosion. Le recul serait en moyenne de 50m sur la côte sableuse et de 27m sur les falaises de la côte rocheuse d’ici 2050. À cela, il faudrait désormais compter sur la côte sableuse sur un recul maximal possible de 10 à 25m à tout moment sous l’effet de tempêtes et à un possible recul lié au changement climatique de l’ordre de 20m à l’horizon 2050. Le rapport de l’Observatoire de la Côte Aquitaine sera finalisé et rendu public mi-décembre 2016.

La matinée s’est terminée par la présentation de M. Bruno CASTELLE, chercheur à l’Université de Bordeaux. Le docteur en océanographie côtière a évoqué les difficultés pour prédire l’évolution du trait de côte le long des littoraux sableux, et a notamment insisté sur le caractère aléatoire des régimes de houles et sur les interactions complexes avec les stocks sédimentaires. Il a aussi précisé que « les efforts des scientifiques se concentraient désormais sur la réduction des erreurs des modèles afin de resserrer à terme la distribution de probabilité des évolutions du trait de côte ».

En début d’après-midi, Mme Pascale GOT, députée de Gironde, a présenté la proposition de loi portant adaptation des territoires littoraux qu’elle a déposée à l’assemblée nationale et dont les députés ont commencé l’examen le 22 novembre dernier (+ d’informations sur le site de l’assemblée nationale).

Deux tables rondes se sont ensuite succédées. La première consacrée à la culture du risque et à la connaissance a permis de prendre connaissance des actions engagées par la communauté de communes Océan Marais de Mont dans le cadre de son PAPI. M. Jean MAGNE a  fait valoir l’intérêt des suivis locaux pour aider à la décision et mis en avant les opportunités offertes par les nouvelles technologies de l’information pour sensibiliser le grand public aux risques côtiers : serious game, hologramme 3D, tablette tactile... Sa présentation a fait écho aux actions que vient récemment d’engager la Commune de Lacanau dans le cadre de sa stratégie locale (+ d’informations sur le site internet de la mairie de Lacanau).

La deuxième table ronde portait sur la mise en œuvre opérationnelle des stratégies locales de gestion de la bande côtière. Elle s’est tenue en présence de M. Michel SAMMARCELLI, Maire de Lège-Cap- Ferret, M. Albert LARROUSSET, Vice-Président de l’Agglomération Sud Pays Basque, Mme Nathalie MOTSCH, Conseillère communautaire de l’Agglomération Côte Basque Adour et M. Jean-Marie MARCO, Adjoint au Maire de Capbreton. Les élus ont pu présenter l’état d’avancement de leur démarche et échanger sur les avancées et les difficultés rencontrées. Cette table ronde a permis de mettre en avant la « prise de conscience par les élus des problèmes posés par le recul du trait de côte » et a révélé la difficulté de la prise de décision : « faut-il défendre ou relocaliser ? Et qui paye ? ». La mise en œuvre de la compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) par les collectivités, la création d’associations syndicales de propriétaires et les dispositions prévues par la proposition de loi de Pascale GOT ont été évoqués comme autant d’outils et de moyens à consolider pour mettre en œuvre les choix stratégiques.

M. Renaud LAGRAVE, Président du Conseil d’Administration du GIP Littoral Aquitain, a conclu la journée en rappelant l’important chemin parcouru par les collectivités et l’Etat depuis 2012 et la validation des stratégies nationale et régionale de gestion du trait de côte. Il a appelé à une consolidation des outils et moyens permettant une mise en œuvre opérationnelle des stratégies locales de gestion de la bande côtière.  

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Pour rappel, la stratégie nationale est articulée autour de quatre axes : A) Développer et partager la connaissance sur le trait de côte ; B) Élaborer et mettre en œuvre des stratégies territoriales partagées ; C) Développer les démarches expérimentales sur les territoires littoraux pour faciliter la recomposition spatiale ; D) Identifier les modalités d’intervention financière.

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