Les nouveaux chiffres clés de l'érosion en Aquitaine

L’érosion côtière ne serait pas un problème en Aquitaine sans la présence humaine et l’implantation de d'activités trop près de l'océan. Une grande partie du littoral de la côte sableuse a pu être préservé d’une urbanisation trop proche de l’océan. Le littoral Aquitain est néanmoins exposé à des risques importants, dont le diagnostic est en cours d'actualisation.

Contexte

Le socle de la stratégie régionale de gestion de la bande côtière est un diagnostic de la sensibilité régionale à l’érosion côtière.

Lors de l’hiver 2013/2014, le recul du trait de côte a atteint en certains points la position prévue pour 2020, voire 2040. Après ces tempêtes, les connaissances produites sur l'aléa érosion sont devenues obsolètes. Il était donc nécessaire de réévaluer les projections de recul du trait de côte et d’actualiser l’évaluation des enjeux menacés.

 

Chiffres clés de l'aléa érosion en Aquitaine

À la demande du GIP Littoral Aquitain, l’Observatoire de la Côte Aquitaine a produit en décembre 2016 le rapport BRGM-66277 donnant les nouvelles projections du recul à l’horizon 2050. Ce rapport intègre de nouveaux paramètres, comme la possibilité de survenance de reculs brutaux lors de tempêtes et de mouvements de falaise, et une tentative d’évaluation de l’impact du changement climatique sur les reculs.

             

Sur la côte rocheuse, les impacts d’évènements majeurs de tempêtes se matérialisent par des reculs généralement ponctuels et instantanés. Ces reculs résultent de mouvements de falaise dont l’ampleur est dépendante des configurations des falaises : caractéristiques géologiques, géomorphologiques, géomécaniques, hydrogéologiques, etc.

Sur la côte sableuse, le recul du trait de côte lié à l’impact d’un événement majeur, une ou plusieurs tempêtes, se manifeste par des entailles d’érosion du cordon dunaire. Ces entailles sont corrélées à la localisation des barres sableuses sous-marines. Ces systèmes étant mobiles sur l’ensemble du littoral, il n’est pas possible de déterminer la position exacte des futures entailles d’érosion.

Pour plus de détails sur les modalités de calculs de ces chiffres clés, se rapporter à l’étude de l’Observatoire de la Côte Aquitaine « caractérisation de l’aléa recul du trait de côte sur le littoral de la côte aquitaine aux horizons 2025 et 2050 » - BRGM RP-66277

Pour plus de détails sur les différences entre l'érosion des côtes sableuses et rocheuses se rapporter à l'étude du BRGM "Analyse des définitions et méthodes d'évaluation de l'aléa recul du trait de côte et articulation avec l'aléa mouvement de terrain" - BRGM-RP65871

 

Chiffres clés des enjeux menacés par l'érosion en Aquitaine

Sur la base de ces nouvelles connaissances de l'aléa érosion, le GIP Littoral Aquitain a entrepris l'actualisation de l'évaluation des enjeux exposés au recul du trait de côte à l'échelle régionale.

Méthodologie simplifiée pour le dénombrement des enjeux menacés :

  • inventaire des bâtiments dans les bandes d’aléa érosion (BD Parcellaire de l’IGN) ;
  • attribution d’une « durée de vie » en fonction de la distance au trait de côte, du Tx (taux de recul moyen) et du Lmax (reculs brutaux) ;
  • recensement du nombre de locaux dans chaque bâtiment : appartements, locaux d’activités, etc. (BD MAJIC des services fiscaux - DGFiP) ;
  • détermination du nombre de logements menacés à l’horizon 2050.

Estimation selon plusieurs hypothèses :

  • avec ou sans les ouvrages de protection existants sur le trait de côte ;
  • avec ou sans la survenance de reculs brutaux liés à des tempêtes ou des mouvements de falaises.

              

Interprétation des résultats :

  • le nombre de logements menacés à l’horizon 2050 dans l’hypothèse d’absence d’ouvrages est de 5 400 sur l'ensemble du littoral Aquitain. Ils sont répartis pour moitié sur la côte sableuse (2 600) et pour moitié sur la côte rocheuse (2 800) ;
  • la survenance d’une succession de tempêtes de même type que celles observées lors de l’hiver 2013/2014 sur l’ensemble du littoral Aquitain d’ici 2050 pourrait menacer 400 logements supplémentaires (+ 15%) sur la côte sableuse ;
  • la grande majorité des logements menacés sont aujourd’hui déjà protégés par des ouvrages (87% sur la côte sableuse et 93% sur la côte rocheuse, soit 90% en tout), bien que ces ouvrages ne sont pas tous pérennes et nécessiteront des travaux d’entretien ou de confortement pour assurer une protection efficace jusqu’en 2050 ;
  • sur la côte sableuse, 90 logements sont menacés dès l’hiver 2018 par des tempêtes sur des secteurs sans ouvrage de protection, dont les 78 appartements de l’immeuble le Signal ;
  • sur la côte rocheuse, 70 logements sont menacés à court terme par des mouvements de falaise sur des secteurs sans ouvrage de protection. Ces derniers ne seront pas tous affectés par un évènement unique, mais sont tous exposés dans les prochaines années.

Il convient de noter que cette évaluation des enjeux au niveau régional peut différer des diagnostics réalisés dans le cadre des stratégies locales. Les différences s'expliquent par des hypothèses complémentaires entre l'échelon local et régional : horizons temporels, prise en compte ou non des ouvrages de protection existants, dénombrement des logements ou des bâtiments, etc.

Des stratégies locales pour trouver des solutions opérationnelles les plus adaptées :

Pour faire face à ce recul du trait de côte, toutes les collectivités territoriales du littoral aquitain ont engagé des stratégies locales de gestion de la bande côtière.

Les communes de Lacanau, Lège-Cap Ferret, Capbreton, la Communauté de Communes de Mimizan et la Communauté d’Agglomération Pays Basque viennent d'arrêter leurs stratégies locales. Elles planifient désormais des actions à court et moyen terme pour s’adapter au recul du trait de côte. Les Maires et Présidents d’intercommunalités ont fait des choix majeurs et difficiles entre protection, déconstruction préventive et déplacement des biens et activités menacés. Pour mettre en œuvre ces actions d’intérêt général, et ainsi assurer la protection des vies humaines et la préservation du littoral, il convient désormais de mobiliser dans les 5 prochaines années 45 Millions d’euros.

 

Impact du changement climatique

Le changement climatique pourrait amplifier le recul naturel du trait de côte. À la demande du GIP Littoral Aquitain, l’Observatoire de la Côte Aquitaine a réalisé une « première approximation » « à titre indicatif » pour estimer l'impact du changement climatique sur le recul du trait de côte. Voici les premiers résultats dans l'hypothèse d'une élévation du niveau de la mer de 10 à 50 cm d'ici 2050 :

  • + 20 m sur la côte sableuse ;
  • + 10 m sur la côte rocheuse.

Ces résultats obtenus en utilisant la règle de Bruun, sont à exploiter avec la plus grande précaution du fait des « nombreuses incertitudes inhérentes aux hypothèses et à la méthode » qui nécessitent « des investigations plus poussées qui relèvent du domaine de la recherche ».

Du fait de ces très fortes incertitudes, le GIP Littoral Aquitain n’a pas dénombré les bâtiments menacés dans cette bande de sur-aléa liée au changement climatique.

En effet, si l’élévation du niveau de la mer est désormais certaine et son estimation de plus en plus fine (+55 à +82 cm à l’horizon 2100 selon les maximum des scénarios du GIEC - RCP 2.6 et 8.5), il s’avère que ce paramètre n’est actuellement pas le moteur principal de l’érosion sur le littoral aquitain et ne devrait pas l’être avant le milieu du siècle. La variabilité du trait de côte est principalement expliquée par les vagues, le bilan sédimentaire et la variabilité des épisodes de tempêtes pour la côte sableuse, et par la nature des roches et les précipitations pour la côte rocheuse.

L’analyse des effets du changement climatique sur ces paramètres, leur quantification et leur combinaison est un véritable défi scientifique. Dans la mesure où il n’existe pas d’approche générique pour répondre à ces problèmes, la poursuite des recherches dans ce domaine est une nécessité.

Le comité scientifique sur le changement climatique "AcclimaTerra" publiera fin 2017 un rapport sur l’état des connaissances sur les effets du changement climatique sur le littoral aquitain. Plus d'informations sur leur site  : http://www.acclimaterra.fr

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